Cambodge – Phnom Penh

Et voilà, nous en sommes déjà à mon dernier article sur mon voyage au Vietnam et Cambodge. Et pour cette dernière étape, je vous retrouve à Phnom Penh, la capitale du Cambodge. Nous n’y passons qu’une demi journée, car nous avons pris l’avion depuis Siem Reap le matin, et prenons un bus direction Ho-Chi-Minh le lendemain matin. Mais je pense que ça nous a suffit. La ville, contrairement à Hanoi, fait vraiment capitale, grande ville.

Avant mon départ, une amie m’avait conseillé un musée, sur l’histoire des Khmers Rouges. Première réaction : c’est qui les Khmers Rouges ? Afin de répondre à cette question, nous décidons de nous rendre à ce musée, appelé Tuol Sleng (S21). Et ce que nous y découvrons nous chamboule complètement.

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Entrée du Musée. Les photos étant interdites à l’intérieur, j’ai récupéré différentes images sur internet.

Pour ceux qui ne sont pas tellement férus d’histoire, ou, qui à l’école, non jamais entendu parler du passé de l’Asie (parce que c’est trop loin pour nous concerner), comme c’est mon cas, voici un petit résumé d’une histoire d’horreur, qui a eu lieu encore plus récemment que le génocide de la seconde guerre mondiale.

Commençons par le commencement. Tout d’abord, les Cambodgiens descendent de peuples venus d’Asie du Nord, qui se sont divisés en 2 parties : les Môns, qui se sont arrêtés en Birmanie, et les Khmers, qui sont descendus jusqu’au Cambodge.
Je vous passe ensuite toute l’histoire des différents empires qui se disputent le territoire durant plusieurs siècles (Viet, Siams, Chenla…), jusqu’à ce qu’en 1863, nous, la France, décidions d’intégrer le Cambodge à l’Indochine française. Le Cambodge se retrouve donc sous protectorat français, tout comme le Vietnam et le Laos.
Après la seconde guerre mondiale, la France étant affaiblie, l’actuel roi du Cambodge, Sihanouk, négocie l’indépendance en 1953, et établie une politique de neutralité, qui permet une période de paix de courte durée, car en 1968, le parti Khmer Communiste prend les armes, et crée un coup d’état en 1970. S’ensuit alors une guerre civile qui dure 5 ans et fait plus de 300 000 morts. Finalement, en 1975, le parti ultra communiste des Khmers Rouges prend le pouvoir, et c’est ici que commence l’horreur que nous avons découvert à Tuol Sleng.
Pour le peuple Cambodgien, l’arrivée des Khmers Rouges est vue comme une délivrance, comme la fin de la guerre civile. Cependant, la désillusion est grande. Le parti, aussi appelé le Kampuchea (Cambodge) Démocratique et dirigé par le général Pol Pot, va commencer par exiler vers les campagnes tous les habitants qui s’étaient réfugiés dans les villes, et vont les forcer à travailler dans les champs. Le pays devient un immense camp de travail forcé, ultra communiste. Et c’est à cette époque que Tuol Sleng est créé.
Ce bâtiment, qui est donc aujourd’hui un musée, était à la base un lycée, au coeur de Phnom Penh, qui a ensuite été transformé en prison politique par le parti. Ils y envoient toutes les personnes considérées comme des traitres ainsi que leur familles et cette prison se transforme en véritable lieu de torture et se retrouve au coeur d’un génocide durant lequel 2 millions de khmers seront affamés, torturés, puis assassinés.
Cette politique se termine en 1979, lorsque le Vietnam envahi le Cambodge, libère le pays, et y installe la République Populaire du Kampuchea. Mais les Khmers Rouges ne sont pas pour autant arrêtés, et ils recréent un parti, qui sera reconnu comme le parti Cambodgien par la plupart des pays d’Europe, et certains membres siègeront même à l’ONU jusqu’en 1991 !!
Ce n’est qu’en 1998, à la mort du général Pol Pot, que le parti des Khmers Rouges s’éteint. A ce moment là, Sihanouk a été élu président, puis roi à nouveau, et à partir de 2008, le pays s’ouvre enfin au tourisme.
En 2009, les principaux leaders du parti qui ont finalement été arrêtés en 2007 (soit presque 30 ans plus tard !), sont jugés par le tribunal international pour génocide, crime de guerre, et crime contre l’humanité.

Alors je ne sais pas vous, mais personnellement je n’étais pas du tout au courant de l’histoire du Cambodge, et arriver à Tuol Sleng a été un véritable choc. Cette prison a été transformée en musée, et les lieux ont été totalement préservés : on y voit encore les barbelés sur le façade qui empêchaient les suicides, les lits en métal au milieu des salles de classes, ou encore les minuscules cellules dans lesquelles les prisonniers étaient enfermés . On se rend donc véritablement compte des conditions d’emprisonnement monstrueuses et inhumaines, des différents moyens de torture utilisés, et surtout, on découvre les photos des milliers de personnes qui ont été tuées au sein de ces murs.

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Un des trois bâtiments de Tuol Sleng. Difficile d’imaginer l’horreur perpétrée dans ces lieux quand on voit ces palmiers.
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Les deux autres bâtiments de la prison.
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Les salles de classes, transformées en salles de torture. Quand les prisonniers étaient torturés, ils étaient amenés dans ces salles, et attachés aux lits en fer pendant des jours.
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Les règles à Tuol Sleng
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D’autres salles de classes ont été divisées en minuscules cellules pour les prisonniers.
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Impossible de s’échapper, mais également impossible de sauter avec ces barbelés.
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En entrant à Tuol Sleng, chaque prisonnier était pris en photo, et fiché.
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On retrouve dans le musée les visages des milliers de femmes assassinées et torturées
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et également les photos des hommes. Plus de 17 000 personnes au total ont péris à Tuol Sleng.
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Vann Nath, est un des 7 rescapés de Tuol Sleng. Il était peintre, et à sa libération, il a peint des scènes de la vie quotidienne dans la prison. Sur celui-ci, on voit les conditions d’emprisonnement. Allongés les uns contre les autres, les prisonniers étaient attachés au pieds par des barres de fer sur lesquels ils pouvaient être attachés de 1 à 10.
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Cette scène explique une des technique de torture utilisées : après avoir trempé les prisonniers dans ces grandes jarres remplies d’eau mais aussi parfois de produits corrosifs et d’excréments, il les pendaient à cette structure en bois jusqu’à ce qu’ils s’évanouissent. Ils recommençaient alors du début. 
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On retrouve cette structure de torture et les jarres dans les jardins de Tuol Sleng.

Extrêmement bien expliqué grâce à un audio-guide en français, je recommande véritablement ce musée. La visite est angoissante, terrifiante et vraiment éprouvante, mais il permet vraiment de comprendre l’actuel Cambodge, et comme il est expliqué à la fin de la visite, c’est nous qui sommes, désormais, gardiens des souvenirs de ces actes, et c’est à nous de les partager, comme je le fais aujourd’hui avec vous. En effet, ce génocide a eu lieu entre 1975 et 1978, après le génocide nazi ! Ce qui signifie que ce qui s’est passé quelques années avant en Europe, n’a pas suffit à arrêter ce genre d’actions. Ainsi, toutes les personnes âgées de 40 ans et plus ont vécu l’horreur, et sûrement perdu de nombreux proches. C’est presque incroyable de se dire que ce pays est aujourd’hui en paix après un traumatisme pareil.

Après cette émouvante visite, nous avons repris notre tuk-tuk, et sommes parties vers une visite plus légère, et bien plus agréable : le palais royal et la pagode d’argent. L’architecture Cambodgienne est véritablement grandiose, et on en prend plein les yeux ! On passe une bonne heure et demi à se balader dans ces jardins, entourés de bâtiments tous plus incroyables les uns que les autres;

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On termine ensuite cette journée, sur les quais qui bordent le Mékong. On observe le spectacle des diseurs de bonne aventure, des groupes de gens qui apprennent à danser, et des vendeurs de grillons grillés, de noix de coco fraiches, ou encore de fruits du lotus.

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Puis nous rentrons à notre auberge, le One Stop Hostel, pour y passer notre dernière nuit Cambodgienne.

Le lendemain, on rentre au Vietnam en bus, jusqu’à Ho-Chi-Minh, où l’on passe la fin de journée, avant de reprendre un avion le lendemain matin pour Hanoi. On rentre le lendemain en France.

Voilà, ces petites escapades au Vietnam et au Cambodge sont maintenant terminées. J’espère que ces articles vous auront plus, et si c’est le cas, n’hésitez pas à les partager sur vos réseaux sociaux et à me laisser des commentaires 🙂

__Charline__

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